Monsieur Jacques, Jacques Pinturier

Célèbre modiste parisien

Jusqu'au 04 octobre 2015

Se définissant comme artiste, Jacques Pinturier a réinventé le chapeau en façonnant des formes audacieuses, voire excentriques, pour des événements comme le prix de Diane, Ascot… « Maestro du chapeau », il a réalisé des parures de tête s’apparentant à de véritables sculptures. En 2013, il se retire du métier et fait un don important à l'Atelier-Musée du Chapeau. De là l’idée d’une exposition hommage qui permet de découvrir le parcours créatif de l'artiste, des années 1950 à 2013 et ouvre les portes du milieu de la mode parisienne.

Jacques Pinturier est né le 13 juin 1932 à Paris. Enfant, il imaginait déjà des chapeaux. Il dessine ses premiers modèles à l’âge de 10 ans qu’il montre à son oncle, Gilbert Orcel, modiste de renom. Lorsqu’il intègre l’atelier familial en 1950, il participe activement à la conception des modèles. Il lance notamment, en 1951, le principe des voilettes en demi-lune et, en 1955, le principe des voilettes moulées sur une coiffe. De cette période, il dit avoir eu beaucoup de chance en entrant « dans la mode par le bas et par le haut, par l’apprentissage technique et par la création ».

En 1964, introduit par Jacques le Brigant, directeur artistique de Nina Ricci, il entre chez Castillo et dirige la création des chapeaux.

Il ouvre, en janvier 1968, son propre atelier, rue Cambon, à Paris. Il travaille seul, essentiellement pour une clientèle privée, tout en collaborant, dans les premières années, aux collections de couturiers tels Jean-Louis Scherrer, Molyneux, Christian Dior, Balenciaga et Schiaparelli.

S’éloignant de la conception traditionnelle du chapeau, il se définit comme un artiste et non comme modiste et se tourne résolument vers la recherche. Il réinvente des modèles traditionnels, façonne des formes sobres, mais également audacieuses, voire d’une excentricité contrôlée, pour des occasions particulières. Ses chapeaux ont connu la gloire sur les champs de courses d’Ascot ou dans les mariages huppés.

Cet artiste a une vision très personnelle de la mode. Son but est de « créer » la mode et non « l’art de la mode ». Pour lui, cliente et créateur participent ensemble à la vie de cet art de l’éphémère par une initiation réciproque indispensable, qui consiste comme par magie à révéler l’image d’un visage. Il insiste tout particulièrement sur le regard qui contribue au dialogue instauré entre la cliente et le modiste.

80 pièces sont exposées dans l’ancienne chaufferie selon une mise en scène originale et poétique signée Marion Lyonnais, qui a d’ailleurs admirablement mis en scène l’exposition permanente de l’Atelier-Musée sur le site de La Chapellerie. L’exposition permet de découvrir des pièces dont les matériaux sont très inhabituels, détournés de leur destination, comme par exemple : le rhodoïd, la toile de métal rigide employée nue ou gainée de velours. Ces matières ont permis à Monsieur Jacques de créer des formes abstraites et uniques, mais confortables et légères qui s’apparentent aux créations de haute-mode.